Il n'y a pas de problème, la vie est belle !
Bienvenue au pays où je suis devenue millionnaire ! certes, en rupies indonésiennes..
Hier j'ai manqué mon vol pour l'Australie, ils avaient changé l'horaire et je n'avais pas revérifié sur internet. Je me suis retrouvée à Kuta à faire la fête puisque les cocktails étaient gratuits pour les filles... avec des petits jeunes surfeurs de 20 ans c'était drôle... comme Ibiza, une bulle hors pays où la fête est le nec plus ultra.
Je suis tout de même assez heureuse de quitter l'Asie, retrouver d'autres intérêts comme la danse, le sport, le fromage, le vin... et l'indifférence aussi... pas toujours évident de voyager seule en Asie; forcément une femme seule est à la recherche de quelque chose ou plutôt de quelqu'un; il y a un manque de compréhension et c'est pesant de se faire accoster sans cesse et devoir répondre à : tu es seule ? où sont tes amis ? ton copain ? tu vas où ? je peux t'accompagner si tu veux... souvent je devenais désagréable, malgré moi..
En Indonésie j'ai vécu des hauts et des bas, selon. L'île de Bunaken à Sulawesi m'a déprimée, c'est la basse saison et il n'y avait presque personne sur cette île touristique, seule dans mon bungalow...
... et puis la région dans les montagnes de Tanja Toraja m'a comblée car riche de cultures et de rites ancestraux; j'ai pu m'y plonger et découvrir leurs croyances. Leurs sourires et leur gentillesse m'ont illuminée !
Ce qui est très fort là-bas, ce sont les cérémonies funéraires. J'ai pu participer à une cérémonie d'une famille très riche où le défunt a reposé dans la maison de famille pendant un an, injecté de formol, période pendant laquelle tout le monde peut aller le voir et lui parler (c'est même vivement recommandé de lui parler). Un an après ils organisent ses obsèques non pas pour l'enterrer mais le déposer dans une cave ou un tombeau. Tout le monde peut y participer en apportant des donations; j'ai moi-même apporté ce qui est usuel, du sucre et des cigarettes. Pendant la cérémonie qui dure environ 1 semaine, des buffles et des cochons sont sacrifiés pour permettre à l'âme de mieux s'élever et promettre ainsi une belle réincarnation. Plus le sacrifie est important, plus on offre la possibilité de renaître sous un bel hospice. En bref, le nombre d'animaux tués et le nombre de jours formolisés correspond au degré de richesse de la famille.
A peine arrivée, un cochon "huinait" sous les coups de couteaux de son bourreau qui n'arrivait pas à y mettre fin. Un cochon qui huine ça retourne le coeur, mais voir à quel point cette scène pouvait durer devenait insupportable. Des cochons gisaient partout, c'était le jour des cochons sacrifiés, encordés et enveloppés de bambous pour mieux les transporter. Les cochons vivants côtoyaient les cochons fraîchement tués, qu'on faisait brûler et découper juste à côté des vivants.. Une scène terrifiante, heureusement qu'il y avait des danses et un rituel pour me changer les idées. La famille m'a offert du porc cuit dans du bambou mais je n'ai vraiment pas pu. J'avais de la peine à comprendre ce manque d'humanité pour des animaux qui devaient forcément sentir leur mort arriver en côtoyant leurs semblables morts à côté d'eux. Mais bon, lorsqu'on baigne dans une autre culture on regarde tout d'un oeil nouveau et on s'efforce de ne pas porter de jugement extérieur. Au demeurant, ce peuple est tellement jovial et accueillant que j'ai un peu occulté ces façons de faire.
Un buffle albinos était la cerise sur le gâteau; il allait être sacrifié le lendemain et c'était la star car vu son prix, peu de monde peut se l'acquérir : 200 millions de rupies = 25,000 francs suisses = 5 fois plus cher que ma voiture !! En tout, 200 cochons et 40 buffles allaient être sacrifiés.
Ce qui m'a aussi beaucoup marquée dans cette région, ce sont les maisons traditionnelles à toit pointu, incroyables et uniques ! Prévues pour les cérémonies de mariage et funèbres, elles peuvent aussi servir de maison d'habitation. Initialement inspirées des bateaux chinois, construites en bambou et en bois, elles sont ensuite sculptées et peintes avec des couleurs naturelles. C'est juste magnifique !
Personnellement j'ai découvert un peuple différent de tout ce que j'ai pu vivre jusqu'à présent et ils figurent en tête des gens les plus sympas que j'aie pu côtoyer.
Après cette belle aventure, je prends le lendemain le bus pour rejoindre Makassar, ville principale du sud de l'île. Là, sur mon passage, un homme se fait taillader à coups de machette, cette fois ce n'était pas un cochon. Il suppliait son bourreau les mains jointes à genou de le laisser en vie. En anglais on dit "fight, flee or freeze" : combattre, fuir ou se figer. Le temps s'est arrêté, tout le monde est resté figé à se demander quelle allait être l'issue de ce massacre. Finalement un policier est arrivé, a emmené le tueur et la victime s'est relevée en masse de sang ambulante pour s'écrouler quelques mètres plus loin. Apparemment ce genre de violence arrive assez souvent en Indonésie, entre les intégristes musulmans et autres règlements de comptes... Toujours est-il que j'y ai pensé toute la journée et avais beaucoup de compassion pour cet homme que je ne connaissais pourtant pas, espérant que sa vie aura été sauve. C'est aussi la première fois que je vis une scène de crime et bien que je ne connaissais personne dans le bus, il a fallu que je partage mes émotions avec eux, c'était plus fort que moi..
J'ai terminé mon voyage en Indonésie sur une île près de Bali qui est juste superbe.
Dans quelques heures (à 2h du mat), j'arrive à Perth en Australie pour vérifier si le mythe du beau surfeur est toujours intact, si les kangourous ont toujours leur poche et déguster du bon vin, entre autres bien-sûr...
Je vous embrasse fort fort fort et surtout arrêtez de m'envoyer des commentaires... je n'ai pas le temps de les lire tellement ils sont nombreux ;o)
Françoise
YOGYAKARTA
Près d'un volcan région de Yogyakarta
Je n'en croyais pas mes yeux : à l'aéroport devant moi il y avait un gars avec une mitraillette dans son sac... alors qu'on ne peut même pas prendre une lime à ongle..
Vues d'avion de Java à Sulawesi - voir toutes ces îles c'est magnifique !
MANADO - nord de Sulawesi
BUNAKEN - île au nord de Sulawesi
Un cochon entier avec la bouche ouverte - j'ai pas pu..
Ono le macaque noir avec qui j'ai échangé des liens sociaux en lui cherchant des poux et qui adorait ça... et me le faisait aussi à son tour
REGION DE TANJA TORAJA
Les fameuses funérailles
Les cochons morts à côté des vivants
Buffle albinos
Station de bus indonésienne
Station d'essence indonésienne
Rantepao - région de Tanja Toraja
Arbre où les bébés défunts sont insérés
Roméo et Juliette à l'indonésienne : de 2 rangs sociaux différents, ces jeunes amoureux n'ont pu se marier car leur famille s'y opposait et ils ont donc décidé de mettre fin à leurs jours dans cette cave
Chaque personne défunte introduite dans ces caves a droit à une effigie en bois.
Les mains sont levées vers le ciel pour demander du pouvoir pour la vie suivante. Ces personnages avaient parfois des allures de "Muppet-show"
Les fameuses maisons pointues
Mon guide engagé dans la rue avec sa moto - une vraie merveille qui connaissait bien l'histoire de sa région
Coqs éduqués pour les combats de coqs et donc séparés et bourrés d'hormones
MAKASSAR - sud de Sulawesi
île près de Sanur - Bali
Mon lit rond dans un bungalow, la plus belle chambre depuis le début de mon voyage
Mais que fait donc Ganesh en Indonésie ??
Couple anglais, Oli et Rich, dont le dernier fait aussi le tour du monde